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Reem Bahdi reçoit le prix Guthrie

1 août, 2017

Reem Bahdi

La professeur Reem Bahdi, Photo: Jay Terry Photography

La Fondation du droit de l’Ontario est fière d’annoncer que le prix Guthrie 2017 sera décerné à Reem Bahdi. La Fondation attribue son prix à des chantres de l’accès à la justice qui se démarquent, afin de reconnaitre leur travail.

La professeure Bahdi est auteure, chercheure et spécialiste des droits de la personne. Son champ d’intérêt se porte plus précisément sur les droits des Arabes et des musulmans au Canada. Elle a été la première conseillère à l’égalité en poste à l’Association du Barreau canadien et elle a joué un rôle important dans la constitution de l’Arab Canadian Lawyers Association.

Selon Linda Rothstein, présidente du conseil d’administration de la Fondation, « La professeure Bahdi a saisi l’occasion de travailler sur des questions d’accès à la justice pointues et complexes ». « Elle a consacré sa vie à convaincre les cœurs et les esprits, ainsi que les régimes, de promouvoir la défense des droits de la personne. Et, chose remarquable, il semble qu’elle ne fasse que commencer. »

Première Canado-Palestinienne à obtenir sa permanence comme professeure dans une faculté de droit au Canada, la professeur Bahdi est aujourd’hui professeure agrégée de la faculté de droit de l’Université de Windsor et professeure invitée du programme d’études supérieures en démocratie et droits de la personne de l’Université de Birzeit, en Cisjordanie. Elle a contribué à l’institution en 2003 d’un cours obligatoire sur l’accès à la justice dans le cursus de la faculté de droit de l’Université de Windsor et a été doyenne associée de la faculté de droit de 2012 à 2015.

« La professeure Bahdi apporte une contribution exceptionnelle à notre faculté de droit, puis elle amène le Canada à participer à des conversations d’une importance vitale », nous dit Alan Wildeman, recteur et vice-chancelier de l’Université de Windsor. C’est d’ailleurs lui qui a proposé la candidature de la professeure Bahdi. « L’accès à la justice, c’est l’air qu’elle respire, c’est l’eau dans laquelle elle nage. Elle est un exemple à suivre pour les étudiants, pour ses collègues professeurs et pour la profession. »

Les travaux de La professeure Bahdi portent sur les droits des Arabes et des musulmans après les événements du 11 septembre 2001 et sur la formation de la magistrature en Palestine.

Elle a témoigné à titre d’experte, le plus souvent à titre bénévole, dans bon nombre d’instances touchant les droits de Canadiens musulmans et la sécurité nationale, notamment à la Commission d’enquête sur les actions des responsables canadiens relativement à Maher Arar.

De 2005 à 2012, la professeure Bahdi a créé et géré un projet de développement international baptisé Karamah, mot qui signifie « dignité » en arabe. Essentiellement financé par l’Agence canadienne de développement international, le projet Karamah a fait la promotion de la dignité dans l’administration de la justice en Cisjordanie et a permis l’élaboration d’un modèle de formation de la magistrature permettant de faire avancer les droits de la personne.

La professeure Bahdi a signé et cosigné de nombreux articles, chapitres de livres, rapports et actes de conférences. Ses publications ont été abondamment citées et ont alimenté les débats politiques au Canada et ailleurs. En 2015, elle a été admise au Collège de nouveaux chercheurs et créateurs en art et en science.
Pour ce qui est de l’avenir, elle a plusieurs projets de recherche en cours, notamment :

  • Une étude en milieu communautaire financée par la Fondation du droit de l’Ontario, en collaboration avec l’Arab Canadian Lawyers Association, et portant sur les perceptions et les besoins de la communauté arabe établie en Ontario en ce qui a trait à l’accès à la justice.
  • Deux publications savantes à paraître sous peu, sur le sujet des tribunaux canadiens des droits de la personne et de l’accès à la justice après les événements du 11 septembre 2001, dont une recension de 250 décisions touchant des Arabes et des musulmans au Canada.
  • Un projet d’enseignement de l’empathie par la musique destiné aux étudiants en droit, projet réalisé en collaboration avec Laura Loewen, professeure agrégée de piano d’accompagnement et maître de chant à la faculté de musique Marcel A. Desautels de l’Université du Manitoba.

Le prix Guthrie sera remis officiellement à la professeure Bahdi dans le cadre d’une réception plus tard cette année.

Cette année marque le 20e anniversaire de la première remise du prix Guthrie. C’est une année à souligner. « Nous avons voulu marquer une pause pour réfléchir sur cette étape importante », indique madame Rothstein. « Le vingtième anniversaire représente pour nous l’occasion de souligner l’ampleur du travail réalisé en 20 ans, mais aussi de considérer le travail encore nécessaire pour améliorer l’accès à la justice d’ici 20 ans. »

 


Extraits des commentaires à l’appui de la candidature de la professeure Reem Bahdi pour l’obtention du prix Guthrie

« Que ce soit en servant de ressource à des membres de sa communauté ou en apportant son appui à des étudiants en droit racialisés à la recherche de modèles à suivre, il y a plus de 15 ans que Reem travaille à la cause de l’accès à la justice ici et ailleurs dans le monde, de la salle de classe à la salle d’audience. Reem Bahdi mérite les plus hautes éloges pour son dévouement inépuisable à la cause de l’accès à la justice. »
– Faisal Bhabha, professeur agrégé, Osgoode Hall Law School

 

« La professeure Bahdi a plus que fait ses preuves pour ce qui est de faire avancer l’accès à la justice au Canada. Elle a achevé cette tâche en toute intégrité, avec compassion et intelligence. Elle est d’une humilité extrême et met toute sa diligence au service de l’amélioration de l’accès à la justice, sans jamais chercher à obtenir l’attention et la reconnaissance qu’elle mérite pourtant. »
– Zahra Binbrek, conseillère juridique, Centre d’assistance juridique en matière de droits de la personne et membre de la direction de l’Arab Canadian Lawyers Association

 

« Reem se voue entièrement à l’exercice des droits de la personne, que ce soit en classe lorsqu’elle prodigue son enseignement sur l’accès à la justice, lorsqu’elle témoigne en tant qu’experte dans une cause qui soulève la question du profilage racial, ou encore lorsqu’elle parcourt le monde pour travailler au projet Karamah avec des juges. Elle a consacré sa carrière à exposer l’universalité et le caractère transformateur des droits de la personne dans le but de défendre les droits des groupes marginalisés. »
– Leilani Farha, directrice générale de Canada sans pauvreté et rapporteuse spéciale des Nations Unies sur le droit à un logement convenable

 

« Reem est une grande spécialiste des lois canadiennes en matière de sécurité nationale et de leurs effets sur les droits de la personne et sur les droits civils des Canadiens et des non-citoyens… Après le 11 septembre 2001, au Canada… la collectivité a gagné en assurance grâce à sa capacité à analyser ces lois et à en donner une interprétation rationnelle, puis à expliquer en quoi elles posaient problème, et ce, en des termes accessibles. Cette information a donné à la collectivité les connaissances et la confiance nécessaires pour lancer des campagnes de sensibilisation et de mobilisation visant à contester ces lois. »
– Dania Majid, avocate, Centre ontarien de défense des droits des locataires, et présidente et membre fondatrice de l’Arab Canadian Lawyers Association

 

« La professeure Bahdi nous a poussés, des collègues et moi, à poser un regard critique sur des questions sociales complexes; elle nous a enseigné à discerner les cas où des obstacles d’ordre procédural, d’ordre symbolique ou de fond se dressent sur la voie de l’accès à la justice, et elle nous a mis au défi de recenser la gamme des stratégies de défense pour lutter contre ces obstacles, que ces stratégies soient à mettre en œuvre dans la salle d’audience ou bien hors de celle-ci. Ultimement, tout ça a assurément fait de moi un avocat plus habile. »
– Justin Reid, conseiller à l’Examen indépendant sur les contrôles de routine

 

« Même au sein de la faculté de droit de Windsor, où l’accès à la justice est notre thème privilégié, la professeure Bahdi sort du peloton. Ses contributions à la formation en droit prennent des formes diverses. De l’innovation dans l’enseignement au mentorat, de la recherche de pointe au service administratif fondé sur l’équité, la professeure Bahdi a pris les devants en considérant l’accès à la justice d’un point de vue théorique, mais également en faisant de ce thème un principe dynamique pour les professeurs, le personnel et les étudiants. »
– Christopher Waters, doyen et professeur de droit de la faculté de droit de l’Université de Windsor (Ontario)


À propos du prix Guthrie

La Fondation a créé le prix Guthrie en 1996 en l’honneur de H. Donald Guthrie, c.r., qui a siégé pendant de nombreuses années au conseil d’administration de la Fondation, qu’il a d’ailleurs présidé pour un bon nombre de mandats. La Fondation sollicite les candidatures de personnes qui ont à leur actif des réalisations majeures au chapitre de l’avancement de l’accès à la justice.

Les récipiendaires du prix Guthrie ont créé des ponts entre les jeunes et le système de justice, ont défendu les intérêts des peuples autochtones devant la justice, ont servi la cause des femmes victimes de violence ou ont renforcé le système des cliniques communautaires, qui assistent les personnes démunies. Ont reçu le prix par le passé : Kimberly Murray, sous-procureure générale adjointe, justice pour les Autochtones et ancienne directrice générale de la Commission de vérité et réconciliation du Canada; Stephen Goudge, ancien juge à la Cour d’appel de l’Ontario; l’honorable Roy McMurtry, ancien procureur et juge en chef de l’Ontario; Alan Borovoy, ancien avocat général, Association canadienne des libertés civiles; et la Barbra Schlifer Commemorative Clinic.

La Fondation du droit de l’Ontario
Créée par une loi en 1974, la Fondation du droit de l’Ontario est la seule fondation de cette province dont la mission est d’améliorer l’accès à la justice. Grâce à des subventions et à des collaborations, la Fondation mise sur les connaissances et les services qui aident les gens à comprendre le droit et à s’en servir pour améliorer leur sort.